Retrouvée à l’état de ruine, cette bâtisse de 1820 a été restaurée dans un esprit de dialogue entre héritage et modernité. Les aménagements contemporains apportent le confort de vie moderne tout en révélant le caractère historique du lieu. Sous la charpente ancienne se déploie un important volume permettant l’aménagement d’une mezzanine ouverte sur un espace de vie lumineux. L’aménagement intérieur repose sur une approche volontairement sobre, où les interventions contemporaines se distinguent avec force de l’ancien. La création de soubassements blancs minimalistes permet de rectifier la géométrie des murs et d’apporter un espace d’isolation et de passage des éléments techniques. Rasant les murs anciens, c’est également un espace de mise en lumière des parois minérales. Ce dialogue entre surfaces lisses et matières brutes révèle la profondeur des matériaux et participe à la lecture historique du bâtiment. Un vieux chambranle, un rebouchage en béton, une anfractuosité dans un mur; les accidents sont acceptés et intégrés au projet, comme autant de témoins de la vie passée du bâtiment.
Le travail architectural s’est également concentré sur la préservation et la mise en valeur des éléments constructifs historiques. Les murs en pierre de moellons ont été soigneusement restaurés et enduits à la chaux afin de conserver leurs qualités respirantes. La charpente ancienne, témoin de plus de deux siècles d’histoire constructive, a été conservée et laissée apparente. L’isolation de la toiture a été réalisée en laine de bois par l’extérieur, selon le principe du sarking, permettant d’améliorer les performances thermiques tout en préservant la lecture de cette structure remarquable. Les ouvertures existantes ont été préservées dans leurs proportions, accueillant de nouvelles menuiseries en bois qui prolongent le caractère authentique de la bâtisse. Au sol, une dalle coulée en chaux de pouzzolane assure une régulation naturelle de l’humidité et s’inscrit dans la continuité des techniques du bâti ancien. Le parquet en chêne se déploie en miroir de la charpente historique et permet, là encore, la respirabilité du sol qu’exige les constructions de cette nature. Dans cette logique de bois et de pierre, les salles d’eau sont couvertes de travertin, chêne et pin des Landes. La décoration mêle le moderne et l’ancien tandis qu’au fil du parcours, les murs blancs ouvrent des cadrages ponctuels sur les pierres et leur profondeur silencieuse.
Le projet propose ainsi une alliance entre patrimoine et usage contemporain : faire revivre un héritage vieux de deux cents ans tout en offrant un cadre de vie lumineux, confortable et résolument actuel.